Les piquants des Oursins offrent à la base une petite tête lisse, séparée par un étranglement. La face inférieure de cette tête est creusée d’une facette concave qui s’articule avec un tubercule de la coque. Chaque piquant est mis en mouvement par un appareil spécial.

Ces épines présentent une structure poreuse. Elles sont souvent sillonnées longitudinalement ou formées de lamelles rayonnantes partant de leur axe, toutes criblées de trous et réunies entre elles par des prolongements transverses; de telle sorte qu’on ne voit à l’extérieur que les bords de ces lames revêtus d’une membrane garnie de cils vibratiles.

Les dimensions et les formes des piquants sont extrêmement variables. Des Oursins ont des épines trois ou quatre fois plus longues que le diamètre de leur enveloppe testacée; tandis que d’autres en ont de trois ou quatre fois plus courtes. Dans quelques-uns, ces organes sont réduits à de petites soies couchées sur la coque protectrice.

Les appendices dont il s’agit paraissent ordinairement subulés et pointus, ou cylindriques et obtus. Certaines espèces en offrent d’aplatis, même de tranchants sur les bords.

Dans les Oursins fossiles, on trouve des piquants tantôt creusés en entonnoir, tantôt dilatés en olive. On donnait autrefois à ces derniers, très-communs dans le terrain jurassique, le nom de pierres judaïques.

Chez une espèce[77] qui vit à la Nouvelle-Hollande, M. Hupé a trouvé un Mollusque gastéropode du genre Stylifer, enfermé dans un de ses piquants, creusé et profondément modifié, quant à sa forme et quant à sa structure, par la présence de ce petit parasite!

De tous les tableaux que nous offre la Nature, il en est peu qui aient plus de charmes que ceux dans lesquels nous voyons les créatures se donner les unes aux autres abri, nourriture et protection..... volontairement ou involontairement. L’instinct du Stylifer n’est-il pas merveilleux? La Nature protége un animal en hérissant son corps d’une armure de poignards. Arrive un autre animal qui se met en sûreté dans un de ces poignards!

OURSIN GRIMPANT CONTRE LA PAROI D’UN AQUARIUM.
(Dessiné d’après le vivant, à Concarneau.)

Quand les piquants sont tombés, les Oursins de nos côtes prennent la physionomie de petits fruits globuleux ornés de côtes et de tubercules symétriquement distribués. Leur forme arrondie, et plus encore leur substance calcaire, leur ont fait donner, dans certaines localités, le nom d’œufs de mer.