Les larves de ces animaux multiples sont isolées et libres. Alternance continuelle d’esclavage et de liberté!
A une époque de leur vie, ces larves se fixent. Quand l’animal a perdu la faculté de se mouvoir et qu’il a suffisamment grandi, on voit naître à la surface de son corps un certain nombre de petits tubercules qui s’allongent, se creusent et forment autant de nouveaux individus. Ceux-ci restent adhérents au corps de la mère, laquelle devient le fondateur d’une nouvelle colonie.
Il existe une très-grande diversité dans l’arrangement des membres de chaque association. Mais tous ces arrangements, quels qu’ils soient, présentent toujours un ordre rigoureux et une régularité géométrique.
Les habitants de ces brillantes compagnies sont plus ou moins nombreux, suivant les espèces; ils reçoivent en famille les mêmes rayons du soleil, les mêmes caresses de la vague, les mêmes coups de la tempête!... Tous remplissent leurs devoirs particuliers avec exactitude et zèle, sans trouble et sans humeur. L’accord le plus parfait règne entre eux, comme entre les animalcules des Polypiers et des Bryozoaires. Admirables communautés, dont les citoyens sont plus intimes et plus unis que beaucoup d’autres! N’est-ce pas là le beau idéal de l’association républicaine? E pluribus unum.
III
Un des genres les plus intéressants, parmi ces animaux, a été désigné sous le nom de Botrylle.
BOTRYLLE DORÉ
(Botryllus gemmeus Savigny).
Les individus de chaque corporation sont au nombre de dix, de quinze, de vingt, ovoïdes, oblongs ou piriformes, et disposés comme les rayons symétriques d’une roue.
Quand on irrite une des branches de l’ensemble, un seul Mollusque se contracte. Quand on tourmente le centre, ils se contractent tous. (Cuvier.)