Ces Vandales d’un nouveau genre attaquent tous les bois submergés, à peu près comme les larves de certains insectes attaquent les bois exposés à l’air. En quelques mois, en quelques semaines, des planches épaisses, des poutres de sapin, des madriers de chêne, sont vermoulus de manière à n’offrir aucune résistance et à céder au moindre choc. On a vu des navires s’ouvrir en pleine mer sous les pieds des marins, que rien n’avait avertis du danger.
Linné appelait les Tarets, la calamité des navires (calamitas navium).
Dans le commencement du siècle dernier, la moitié de la Hollande faillit périr sous les flots, parce que les pilotis de toutes ses grandes digues avaient été minés par les Tarets. Il en coûta des millions pour résister aux désordres produits par un chétif animal!
Les Tarets ont le corps allongé, vermiforme, mou, demi-transparent, d’un blanc légèrement grisâtre, terminé à une extrémité par une partie arrondie, improprement appelée tête, et à l’autre par une sorte de queue bifurquée.
TARET COMMUN
(Teredo navalis Linné).
Ils peuvent atteindre jusqu’à 35 centimètres de longueur.
Ils sont enfouis dans un long étui creusé aux dépens du bois, la partie céphalique au fond et la queue bifide en haut.
Les parois de l’étui sont revêtues d’un enduit mucoso-calcaire blanchâtre, très-fin, qui en rend les murs à la fois plus unis et plus solides.
La partie arrondie ou céphalique du Mollusque offre deux petites valves très-minces et très-fragiles, semblables à deux demi-coques de noisette. Ces valves sont immobiles et ne protégent qu’une très-faible portion de l’animal.