Les premiers parcs furent établis, en 1235, par un patron de barque irlandais, nommé Patrice Walton, jeté sur nos côtes à la suite d’un naufrage. La nécessité lui suggéra l’idée de tirer parti de ces plages abandonnées, et il fonda la mytiliculture.

Les descendants de Walton habitent encore à Esnandes, entourés de l’estime publique. Ils continuent avec succès l’industrie créée par leur aïeul.

On pratique des parcs artificiels, formés de pieux et de palissades réunis par un clayonnage grossier haut de 2 mètres et tapissé de Fucus. Ces palissades avancent dans l’Océan quelquefois jusqu’à une lieue; elles dessinent un triangle dont la base est tournée vers le rivage et la pointe vers la mer. A cette pointe, on pratique un passage étroit. Le triangle dont il s’agit est le champ où l’on sème, où l’on éclaircit, où l’on repique, où l’on plante, où l’on récolte les Moules. (Quatrefages.)

CLAYONNAGE CHARGÉ DE MOULES.

Ces parcs sont désignés sous le nom de bouchots; on appelle boucholeurs les pêcheurs qui les exploitent.

La plupart des boucholeurs possèdent plusieurs bouchots, comme certains propriétaires plusieurs fermes. Quelques-uns, les plus pauvres, n’ont pour tout patrimoine que la moitié, le tiers, le quart, ou même le cinquième de l’un de ces établissements, qu’ils soignent en commun avec leurs associés, et dont ils partagent les charges et les bénéfices. (Coste.)

On récolte les Moules toute l’année, excepté pendant les grandes chaleurs et à l’époque du frai. On attend que la marée soit basse, mais alors le bouchot n’est plus qu’une vasière. Pour ne pas s’enfoncer dans le sol, qui est très-mou, le boucholeur fait usage d’une sorte de nacelle, moitié bateau, moitié patin, nommée acon ou pousse-pied. Cet instrument ingénieux est long de 2 mètres et large de 50 centimètres. Il se compose de quatre planches minces. Celle du fond, de bois de noyer, se relève en avant et s’appelle sol ou semelle; les trois autres, de sapin, forment les flancs et l’arrière, lequel est coupé carrément.

BOUCHOLEUR DANS SON ACON.