Quand il veut se servir de l’acon, le boucholeur se met à cheval sur l’un des bords, tient ployée sous lui une jambe, se penche en avant, et s’appuie sur les deux mains, qui étreignent les deux côtés de la nacelle. Il pousse avec l’autre jambe enfoncée dans la vase, et glisse avec rapidité sur la surface du bouchot. Le pêcheur peut prendre une personne avec lui dans son acon.

C’est de la sorte que les boucholeurs se rendent à leurs bouchots, qu’une longue habitude leur permet de distinguer de ceux de leurs voisins, même pendant les nuits les plus obscures, malgré tous les détours de l’immense labyrinthe que forment sur la vasière les six mille palissades qui la recouvrent aujourd’hui. (Coste.)

D’Orbigny père a publié en 1847, sur la mytiliculture, un mémoire très-intéressant. A cette époque, les bouchots étaient disposés sur quatre rangs au plus. En 1852, M. de Quatrefages a vu sept rangs de bouchots. Au lieu de simples pieux, on employait des poutres énormes, et l’ensemble formait une immense estacade continue de 4 kilomètres de large sur 10 de long.

Il résulte, des recherches faites par d’Orbigny, que, antérieurement à 1834, trois cent quarante bouchots, ayant coûté 700 000 francs en nombre rond, et exigeant annuellement près de 400 000 francs de frais d’entretien, y compris l’intérêt du capital engagé, donnaient 124 000 francs de revenu net, et entraînaient un mouvement de charrettes, de chevaux ou de barques, représentant un solde annuel de plus de 500 000 francs. Mais tout grandit vite de nos jours. Au lieu de trois cent quarante bouchots, il y en a maintenant plus de cinq cents, formés par mille palissades. Chaque bouchot représentant en moyenne une longueur de 450 mètres, il s’ensuit que l’ensemble compose un clayonnage de 225 000 mètres de long. (Coste.)

La mytiliculture est donc une des branches les plus fécondes de la culture de la mer!

On devrait élever une statue au batelier Walton!.....

CHAPITRE XXII
LA NACRE ET LES PERLES.

Ainsi la nacre industrieuse
Jette la perle précieuse.