On explore les petites mares que la mer a formées en se retirant. On y plonge une pochette longuement emmanchée; on y promène un filet à mailles très-petites, et l’on s’empare ainsi des animaux qui s’y sont attardés, mollusques, crustacés ou poissons.
Des hommes creusent le sable, et mettent à nu des Oursins, des Donaces et des Manches de couteau.
VI
Dans la Méditerranée et dans les petites mers, la marée est nulle ou presque nulle, au grand détriment des populations du voisinage. Il existe, d’ailleurs, un grand nombre de végétaux et d’animaux, appartenant à la haute mer, que les flots ou les courants n’amènent presque jamais sur la plage. Il en est d’autres tellement fugaces ou si fortement collés à leurs rochers, qu’on ne peut bien les étudier que dans les endroits mêmes qu’ils habitent. Il faut aller les surprendre flottant à la surface des eaux ou retirés dans leurs mystérieux asiles. Voilà pourquoi les naturalistes sérieux doivent étudier beaucoup de productions vivantes de l’eau salée au sein même de la mer, et non sur les rivages.
La plupart des explorateurs emploient dans ce but la drague, la sonde et d’autres engins propres à racler et à briser les rochers les plus durs.
DRAGUEURS.
Dans son voyage sur les côtes de la Sicile, M. Milne Edwards a eu l’excellente idée de se servir de l’appareil inventé par le colonel Paulin, ancien commandant des pompiers de Paris. Cet appareil consiste en un casque métallique pourvu d’une visière de verre, et par conséquent transparente, qui se fixe au cou à l’aide d’un tablier de cuir maintenu par un collier rembourré. Ce casque est une véritable cloche à plongeur en miniature. Il communique avec une pompe foulante au moyen d’un tube flexible. Quatre hommes sont employés au service de cette pompe: deux la mettent en exercice, pendant que les deux autres se reposent. D’autres hommes tiennent l’extrémité d’une corde (qui passe dans une poulie attachée à une certaine élévation), laquelle permet de hisser rapidement le plongeur. Un observateur vigilant tient dans la main le petit cordon destiné aux signaux. L’immersion du plongeur est facilitée par de lourdes semelles de plomb, lesquelles favorisent en même temps la station verticale au fond de la mer. Il faut près de deux minutes pour retirer un homme de l’eau et pour le débarrasser de son casque. M. Milne Edwards se faisait descendre, avec cet appareil, jusqu’à 8 ou 9 mètres de profondeur. Ses recherches ont été couronnées du succès le plus complet. Dans ses excursions sous-marines, ce savant naturaliste a pu étudier sur place, dans leurs retraites les plus cachées et en apparence les moins accessibles, des animaux rayonnés, des mollusques, des crustacés, des annélides, surtout des larves et des œufs, et a contribué puissamment à faire connaître les développements, les fonctions et les mœurs d’un certain nombre d’habitants de la mer, que leur séjour et leur manière de vivre semblaient soustraire pour toujours à nos investigations.
On a proposé, dans ces derniers temps, pour tous les travaux qui exigent un séjour plus ou moins long au sein des eaux, le bateau plongeur de MM. Lamiral et Payerne. Ce bateau est un réservoir d’air atmosphérique comprimé, qu’on descend à différentes profondeurs. Il fournit les éléments de la respiration, sans communication extérieure; il favorise le contact direct avec les objets submergés et permet facilement la locomotion sous l’eau.
VII