Quelle immense variété de tailles, de formes et de couleurs, depuis la végétation presque invisible qui sert de nourriture aux petits coquillages, jusqu’aux algues élancées, longues de 50 mètres, depuis l’infusoire microscopique jusqu’à la baleine gigantesque!

On trouve dans la mer animée de l’unité et de la diversité, qui constituent le beau; de la grandeur et de la simplicité, qui forment le sublime; de la puissance et de l’immensité, qui commandent le respect. (Lacépède.)

On a décrit et figuré bien des plantes et bien des animaux. Mais combien en reste-t-il encore à figurer et à décrire? Depuis plus de deux mille ans que les recherches se multiplient et se succèdent sans interruption, combien la science ne laisse-t-elle pas encore à désirer, même pour amener les connaissances déjà acquises au degré de perfection dont elles sont susceptibles! (Lamarck.)

V

Lorsque la marée se retire des bords de l’Océan, la mer abandonne sur la plage quelques-uns des êtres si nombreux qu’elle abrite dans son sein. Le naturaliste et l’amateur peuvent, dans les premiers moments, recueillir une foule de végétaux et d’animaux avec tous leurs caractères, toutes leurs couleurs et toutes leurs propriétés.

Les populations riveraines y trouvent les éléments de leur nourriture, de leur commerce ou de leur industrie. Aussi s’empressent-elles d’accourir à la marée basse. Les villages et les hameaux les plus rapprochés y envoient tout leur contingent. Hommes et femmes, vieux et jeunes, chacun est propre à la récolte, suivant ses forces et son activité. On s’arme de bâtons, de perches et de pioches; on apporte des corbeilles, des paniers, des sacs, même des filets. On amène des brouettes et des chariots.

FILETS DE PÊCHE.

Des pêcheurs ramassent les Zostères rubanées, les Ulves membraneuses, les Fucus rembrunis, et en font des chargements considérables. D’autres recueillent les petits coquillages disséminés sur la grève. Les jeunes garçons enlèvent adroitement sur les rochers, des Rans ou Buccins, des Vignettes ou Turbos, et des Oreilles de mer ou Ormiers. Ils détachent aussi des Bénicles ou Patelles. Les jeunes filles font la chasse aux Mactres, aux Cythérées et aux Bucardes. Des femmes entrent dans l’eau jusqu’à mi-jambes, et vont arracher des quantités considérables de Modioles et de Moules.

On retourne les pierres, ou bien on sonde les crevasses avec un crochet attaché au bout d’une latte. On y surprend des Poulpes, des Sèches et des Calmars, quelquefois même des Anguilles de mer ou Congres, qui s’y sont réfugiés.