Enfin, si nous considérons l’appareil reproducteur, nous découvrons encore une répétition des parties et une symétrie du même genre.

Ainsi, la Sangsue nous offre, par chaque fragment de cinq anneaux, un système nerveux, un système stomacal, des systèmes glandulaire, vasculaire, musculaire et reproducteur; en un mot, un organisme complet, c’est-à-dire tout ce qui est nécessaire pour constituer un individu. On pourrait la comparer à une série d’animaux symétriquement alignés et soudés!

La Sangsue n’est donc pas un être simple, mais un être multiple. Nous en dirons autant du Ver de terre, du Mille-pieds, du Ténia.....

Tous les zoologistes ont constaté depuis longtemps, que certains êtres jouissant de l’animalité, les Polypiers, par exemple, diffèrent des animaux ordinaires en ce que, au lieu d’être isolés, ils sont groupés ensemble et vivent en société[163].

Il y a donc, dans la nature, des animaux isolés, ou unitaires, et des animaux composés, ou associés.

Eh bien! entre ces deux sortes d’animaux viennent se ranger, comme intermédiaires, d’autres animaux qui ne présentent, ni l’unité parfaite des premiers, ni la multiplicité manifeste des seconds. La nature ne fait pas de sauts!.....

La Sangsue médicinale est un de ces êtres juste-milieu les mieux caractérisés.

Les autres Annélides possèdent une organisation identique ou analogue.

On a désigné (1826) ces organismes individuels sous le nom de zoonites.

Les zoonites n’embrassent pas nécessairement un intervalle de cinq anneaux. Il y en a de quatre, de trois, de deux et même d’un seul.