On peut ajouter que les diverses parties qui entrent dans la composition d’un animal donné ne présentent pas, généralement, entre elles, une complication correspondante. Tel organisme qui se trouve au-dessus d’un autre par son appareil respiratoire, est quelquefois au-dessous par son appareil locomoteur; tandis que tel autre, qui ressemble à ce dernier par ces deux ordres d’organes, peut en différer essentiellement par son système nerveux ou par son système digestif..... On rencontre d’ailleurs, dans des espèces plus ou moins simples, des instruments qui n’existent pas même à l’état de rudiment, dans des espèces plus ou moins compliquées!.....
L’harmonie générale des animaux obéit à des lois plus nombreuses et plus difficiles à formuler que celles qui président à l’embryogénie de tel ou tel individu.....
Tout ce qui précède fait voir que la théorie ancienne, reproduite de nos jours, d’une série linéaire continue des êtres organisés, ou d’une chaîne animale, est une hypothèse inadmissible. La Nature a lié les organismes par un réseau plutôt que par une chaîne. Une carte géographique suffirait à peine pour indiquer les rapports multipliés qui unissent, soit les familles entre elles, soit les genres dans une même famille, soit les espèces dans un même genre.
Mais ne nous perdons pas dans des divagations étrangères au sujet de nos études, et hâtons-nous de revenir aux Anatifes.
Les larves cyclopes de nos animaux ont un corps à peu près triangulaire, couvert d’un large bouclier. Elles présentent en avant deux petites cornes divergentes, et en arrière une queue double. Elles possèdent, sur les côtés, six nageoires inégales: les deux antérieures très-grandes et très-simples, les quatre autres très-courtes et bifides. Ces larves grossissent lentement. A une époque déterminée, elles perdent non-seulement leurs nageoires et leur œil, mais encore leurs antennes et leur queue..... Elles se transforment en Anatifes; elles sont alors fixées, pédiculées et mitrées. C’est une autre organisation.
«Chaque animal a ses beautés naturelles. Plus l’Homme les considère, plus elles excitent son admiration, et plus elles le portent à glorifier l’Auteur de la nature.» (Saint Augustin.)
V
Les autres Cirripèdes diffèrent plus ou moins des Anatifes. La plupart n’ont pas de pédicules. La mitre, ou le corps qui la représente, est adhérente sans intermédiaire; quelquefois elle s’enfonce profondément dans le tissu.
Le nombre de pièces qui composent la coquille peut être au-dessus ou au-dessous de cinq.
Les Glands de mer, ou Balanes, ont un tube calcaire court, à plusieurs pans, dont l’ouverture est fermée plus ou moins par deux ou quatre battants mobiles.