Cette sorte de parcage est pratiqué de nos jours sur des points nombreux de la côte où la montée du poisson est abondante. L’industrie du lac Comacchio est l’une des plus considérables.
Au milieu du XVIIe siècle, une découverte vint transformer la pisciculture.
On savait que les Truites et les Saumons, quand vient l’époque de la ponte, remontent les ruisseaux qui roulent une eau limpide sur un fond de gravier; y choisissent une place où ils s’arrêtent; écartent les pierres avec leur tête et leur queue, les rangent de manière à former des espèces de digues qui puissent faire obstacle à la rapidité du courant, et dans les interstices desquelles leur progéniture se trouve à l’abri. C’est là, en effet, que la femelle dépose ses œufs. Les uns s’arrêtent sous un caillou, les autres sous un coquillage ou tout autre abri, jusqu’à ce que toutes les anfractuosités du lit qui a été préparé pour eux en soient garnies. Dans cette position, le choc continuel de l’eau ne peut les emporter, mais il les conserve dans un état de propreté indispensable à leur développement ultérieur. On savait encore qu’au moment où la femelle vient de pondre, le mâle verse sa laitance sur les œufs, et que cette laitance, entraînée par le liquide qui lui sert de véhicule, passe sur eux comme un nuage bienfaisant, les imprègne, leur communique la propriété de se développer, et se dissipe après avoir troublé la transparence de l’eau. (Coste.)
Le savant naturaliste Jacobi eut l’idée d’imiter dans un ruisseau artificiel ce que tous les jours il voyait se passer normalement dans la nature; il alla plus loin: il comprit toute la portée industrielle de sa découverte, et démontra, par des essais d’une précision et d’un bon sens pratique admirable, l’excellence des résultats.
C’est dans le Hanovre, près de Nortlem, que ces premiers essais furent tentés. Ils devinrent la source d’un commerce important. L’Angleterre accorda une récompense publique à leur auteur.
Dans ces dernières années, à l’occasion d’une réclamation de priorité à l’Académie des sciences, on apprit que, dans une des vallées les plus reculées de la chaîne des Vosges, un pêcheur de la Bresse, doué d’un remarquable esprit d’observation, et voulant porter remède au dépérissement de son industrie, avait passé plusieurs années de sa vie à refaire laborieusement la série des procédés de la fécondation artificielle. La nouvelle de cette application faite pour la première fois en France avec plein succès eut un grand retentissement.
On se demanda si l’on n’était pas en droit d’espérer le repeuplement des rivières et des lacs, et si l’on ne pourrait point étendre la main sur les champs inexplorés de la mer.
Un savant que sa position et ses travaux d’embryogénie comparée appelaient, tous les ans, à exposer dans ses cours les principes sur lesquels repose la nouvelle méthode, concourut puissamment à son organisation naissante, en lui accordant un bienveillant patronage et mettant à son service les laboratoires du Collége de France. C’est dans ces laboratoires que furent construits et perfectionnés les modèles de tous les appareils de pisciculture envoyés par les différents pays à la dernière exposition de Londres (Coumes).