Audubon observa un jour une Frégate qui venait d’enlever un assez gros poisson à une Hirondelle de mer. L’oiseau emportait sa victime en travers du bec. Il la jeta en l’air, pour l’avaler la tête la première. Il la reprit comme elle tombait, mais par la queue. Il la lâcha une seconde fois, et la rattrapa encore par la queue. Le poids de la tête en était la cause. La Frégate recommença une troisième fois. Le poisson fut enfin reçu comme il fallait, la tête en bas, et avalé sur-le-champ.
Les Albatros ou les Frégates qui ont saisi dans l’air un malheureux Poisson volant, regagnent aussitôt les hautes régions de l’atmosphère. Mais, souvent, plusieurs maraudeurs de leur espèce, qui les guettaient, les suivent au milieu des nuages, s’en approchent, les harcèlent. C’est à qui leur ravira leur proie. L’un d’eux s’en empare; un autre l’a déjà reprise, mais la bande entière est à ses trousses. L’infortuné poisson, ballotté de bec en bec, meurtri, mourant, finit par tomber et par disparaître sous les flots. Cruel désappointement pour tous ces ventres affamés! (Audubon.)
Le Stercoraire parasite, vrai forban de l’air, fait aussi la chasse aux espèces plus petites et plus faibles que lui, leur donne des coups de bec, les force à vomir une partie de leur repas, et se précipite sur cette proie dégoûtante.
Le vol des Phaétons, ou Pailles-en-queue, est calme, paisible et composé de battements d’ailes fréquents, parfois interrompus par des sortes de chutes ou des mouvements brusques. (Lesson.)
Ces oiseaux défient la furie des orages; au milieu des tempêtes les plus horribles, ils conservent leur sang-froid. Tranquilles et contents, ils s’élèvent avec la lame, et redescendent avec elle dans l’abîme.
Les Phaétons voyagent à plus de cinq cents lieues en mer, et peuvent regagner, chaque soir, les îles ou les récifs qui leur servent de refuge. Du reste, ils s’arrêtent à peine le temps nécessaire pour dormir. Ils semblent faits pour voler, voler, toujours voler.....
STERCORAIRE PARASITE EN CHASSE.
Les Oiseaux de mer sont en général pour les navigateurs les indices de la terre. Les vieux matelots interprètent leur apparition et se trompent rarement. Le Pétrel damier leur annonce le voisinage du cap de Bonne-Espérance; le Paille-en-queue leur apprend qu’ils sont sous les tropiques; les Frégates, les Mouettes et les Hirondelles de mer leur prédisent, par la direction et la hauteur de leur vol, le beau temps, l’agitation des flots ou l’arrivée de la tempête.