VI
Les Oiseaux marins défendent avec courage leurs œufs et leurs petits.
Lorsque le capitaine Ross découvrit l’île de la Possession, il y trouva une quantité prodigieuse de Pingouins: on en voyait jusqu’au sommet des collines. Ces oiseaux s’avancèrent vers le rivage en colonnes serrées, et attaquèrent hardiment, à coups de bec, les Anglais qui voulaient occuper leur pays au nom de Victoria. Honneur au courage et au patriotisme des Pingouins!
La femelle du Canard sauvage, quand elle se rend à son nid, s’abat au moins à cent pas de l’endroit où il se trouve. Une fois à terre, elle se dirige vers sa couchette obliquement et tortueusement, ayant toujours l’œil aux aguets, pour observer s’il n’y a point d’ennemi qui la regarde.
Que de jouissances réservées à ceux qui étudient la Nature!
On assure que le petit Pluvier à collier[293], lorsqu’un chien ou un enfant s’approchent de son nid, n’attend pas leur arrivée, mais s’avance résolûment; puis, tout à coup, prend son vol avec un grand cri, comme s’il était surpris sur ses œufs. (Il en est souvent éloigné d’une trentaine de pas.) Alors il volète, il laisse tomber une aile, il court, il traîne une patte, il fait le boiteux, jusqu’à ce qu’il ait conduit le chien ou l’enfant à une grande distance de sa couvée, et détourne ainsi le danger.
VII
La récolte des œufs forme, dans beaucoup de pays, une branche d’industrie considérable.
Les pauvres habitants des îles Feroë se nourrissent de ceux de presque tous les Palmipèdes qui fréquentent leurs parages. Ils mangent aussi les poussins, et même les parents, quand ils peuvent les saisir.
Au péril de leur vie, ils se suspendent à une corde, ou bien ils grimpent aux parois verticales des rochers, en marchant le long des étroites corniches sur lesquelles couvent ces oiseaux. Là le moindre faux pas est une mort inévitable, et, chaque année, plusieurs Feroëens sont les victimes de cette chasse périlleuse.