Chaque nid est tapissé de duvet, que l’oiseau arrache de sa poitrine. Les œufs y sont profondément enfoncés. Autour de la couchette on voit une quantité de plumes suffisante pour couvrir les œufs, quand la mère, à marée basse, va chercher sa nourriture.

«On ne peut contempler, sans être attendri, cette bonté divine qui donne l’industrie au faible et la prévoyance à l’insouciant!»

On enlève le duvet à deux époques différentes. Mais la pauvre femelle est quelquefois obligée de fournir à une troisième récolte. Elle se plume et se replume, pour tenir son nid convenablement chaud.

Lorsqu’elle a épuisé sa provision de duvet brunâtre, le mâle arrive et lui vient en aide. Il sacrifie, à son tour, son édredon blanc de neige et rosé.

Chaque nid peut fournir environ 125 grammes de beau duvet.

IX

Quand on réfléchit aux rassemblements considérables d’Oiseaux marins qui habitent et qui nichent sur les côtes de toutes les îles de l’Europe septentrionale, on est vraiment pénétré d’admiration. Les grèves les plus arides, les rochers les plus escarpés, les crevasses les plus inaccessibles, tout est envahi et souvent encombré par des nids et par des couveurs.

Souvent chaque femelle ne pond qu’un œuf, et cet œuf est placé dans un endroit tel, qu’on a peine à comprendre comment l’incubation peut avoir lieu.

Les Aigles de mer, les Faucons, les Mouettes, sucent les œufs ou emportent les petits.

Le Stercoraire parasite[295] nourrit sa couvée avec de jeunes Fous, des Pingouins et des Fulmars qu’il arrache à leurs parents.