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Chez les animaux très-simples en structure, le tissu est homogène, et remplit toutes les fonctions par toutes ses parties. A la vérité, ces fonctions se trouvent singulièrement bornées et réduites généralement au nécessaire ou à l’indispensable.

A mesure que les animaux se compliquent, des organes plus ou moins distincts apparaissent, et les fonctions se localisent. Chaque partie est alors chargée d’un rôle spécial.

La division du travail est, sans contredit, une des lois les plus importantes et les plus curieuses de la Nature. (Milne Edwards.)

Cette division est d’autant plus grande, que l’animal est plus parfait. Quand elle augmente, les organes et les fonctions deviennent plus nombreux.

Chez les animaux les plus voisins de l’Homme, l’instrument de chaque fonction est tantôt simple, tantôt double; mais, dans le premier cas, formé de moitiés semblables, cohérentes. Voilà le maximum de la perfection organique.

Les organes essentiels d’un Vertébré (cerveau, cœur) sont ceux qui, par soudure, acquièrent l’unité.

Les autres organes (oreilles, mains) conservent la dualité.

Chez les Annelés, presque tous les organes sont multiples. Certaines espèces ont 10 mâchoires, d’autres 60 tentacules, d’autres 200 dents; celles-ci 300 pattes, celles-là 3000, 15 000, 30 000 petits yeux!.....

Le plus souvent, ce sont les organismes tout entiers (zoonites) qui se répètent. On en compte une vingtaine dans une Sangsue; il y en a au moins 2000 dans un Ténia[296]. Cependant l’animal s’éloigne beaucoup d’un Vertébré, et par sa constitution, et par son intelligence.