VII

Dans les mers du Nord, la prise d’une Baleine est une bonne fortune.

Quand les Esquimaux aperçoivent un de ces monstres, ils revêtent à l’instant leurs plus beaux habits. C’est peut-être la seule occasion où hommes et femmes se nettoient et fassent toilette! On assure qu’ils prennent garde surtout de ne pas mettre un vêtement qui ait été en contact avec un cadavre humain. S’ils négligeaient cette précaution, la Baleine prendrait la fuite aussitôt, quand même elle aurait dans le corps plusieurs harpons. Cette assertion est-elle bien exacte?

Quoi qu’il en soit, les dispositions convenables une fois prises, toute une flottille s’élance à la mer. On harponne l’animal, on le crible à coups de javelots, on l’épuise, on le tue.....

La Baleine est ensuite traînée jusqu’à la côte, et dépecée, le corps étant moitié dans l’eau.

Les gens qui ont assisté en simples spectateurs à la lutte participent au partage tout aussi bien que ceux qui y ont pris part. Hommes, femmes, enfants, tous se précipitent sur le Cétacé. C’est à qui pratiquera la plus profonde entaille, à qui emportera le plus gros morceau. Pendant quelques jours, la Baleine devient ainsi un garde-manger général, où chacun vient prendre sa pitance quotidienne. (Ch. Edmond.)

VIII

Linné dit que l’huile fournie par une seule Baleine est souvent si abondante, qu’elle peut suffire à la charge d’un vaisseau. Cette quantité est évaluée à 12 tonneaux.

La pêche de ce précieux Cétacé dans les mers polaires a donné: en 1859, 2078 barils d’huile; en 1860, 1909, et en 1861, 1710. Sur ces derniers 1710 barils, 1013 appartenaient aux navires de Dundee, et 697 seulement aux autres ports. (Revue marit.)

En 1861, une transformation s’est opérée dans le matériel des armements pour la pêche de la Baleine. Les bâtiments à hélice ont été substitués aux bâtiments à voiles, et les résultats de la deuxième saison ont été assez encourageants pour engager les armateurs à persévérer dans leurs tentatives. Par suite même de ces succès, un grand nombre de navires à voiles, surtout à Peterhead, ont été vendus, et l’on semble reconnaître aujourd’hui que la question est résolue, et que l’avenir appartient désormais aux navires pourvus d’un moteur à hélice. (Revue marit.)