La chasse dans l’eau est plus simple, mais moins certaine. On tire le Phoque au moment où il se montre à la surface de la mer. Il faut savoir que l’animal sort seulement la tête, la laisse voir tout au plus une minute, et plonge immédiatement. Quand on est assez adroit pour le toucher, on court risque de le perdre. Si le Phoque n’est que blessé, il regagne la pleine mer; s’il est tué roide, il coule au fond de l’eau, et ce n’est pas sans peine qu’on réussit à le pêcher.
V
On a distingué dans les Phoques deux groupes différents:
Les Otaries, qui présentent une oreille externe et des incisives de forme particulière: on rencontre ces espèces dans l’océan Pacifique[311];
Les Phoques proprement dits, qui sont dépourvus d’oreille externe, et dont les incisives sont pointues. Dans le Groenland, il en existe plusieurs espèces différentes du Phoque commun: ce sont le Phoque de Gmelin ou capuchonné[312], celui de Müller[313], et celui de Schreber[314].
La chasse de ces animaux se fait en pleine mer et avec le harpon.
Ce harpon est long de 2 mètres, et terminé par une pointe de fer mobile, encastrée dans un os, retenue par une courroie et pouvant se détacher au moment où elle pénètre dans la chair de l’animal. Une vessie qui flotte au bout de la ligne indique l’endroit où le Phoque blessé a plongé sous l’eau. Le harpon glisse sur une navette de bois excessivement polie: ce qui lui donne plus de force et lui fait suivre plus sûrement la direction voulue.
Les autres projectiles sont confectionnés de la même manière, et on les lance par le même procédé.
Aussitôt que le Phoque, forcé de venir à la surface de l’eau pour respirer, a révélé sa présence, l’Esquimau cherche à le surprendre, en se tenant sous le vent et en tournant le dos au soleil, afin de n’être ni vu ni entendu. Il se penche sur son kayack, de façon que la vague dérobe le plus possible sa figure. Arrivé à une trentaine de mètres, il prend la pagaie de la main gauche, ajuste son harpon sur la navette et le lance avec vigueur. Si le coup a porté juste, le fer se détache de la lance et dévide la ligne roulée en spirale sur l’avant du kayack. La vessie qui termine la ligne est jetée instantanément dans l’eau.
Le Phoque, atteint, plonge avec une extrême rapidité. Nous avons déjà signalé, chez les Cachalots et les Baleines, ce besoin impérieux de s’enfoncer dans l’eau, que manifestent tous les Mammifères marins qui ont été frappés.