A l’époque des amours, les mâles se battent entre eux avec fureur.

Lorsqu’ils sont vieux, leurs femelles les abandonnent sans pitié.

Quand les femelles vont faire leurs petits, le mâle les conduit sur le rivage, à une place tapissée de plantes marines. Les mères y déposent leurs nourrissons, pour lesquels elles montrent un attachement très-vif.

Les petits aiment à jouer et à folâtrer les uns avec les autres. Quand ils ont atteint l’âge de cinq ou six mois, le père, les jugeant assez forts pour vivre par eux-mêmes, les chasse et les force à s’établir ailleurs.

IV

Les Phoques de la Somme sont l’objet d’une chasse remplie d’attraits pour les amateurs, laquelle donne lieu à une branche d’industrie maritime qui n’est pas sans importance. M. Ch. de Rylé a publié des détails fort intéressants sur cette chasse.

La saison la plus favorable est le mois de juin, époque où les femelles viennent de mettre bas, et sont accompagnées de leurs petits. Ces derniers, moins rusés que leurs parents, se laissent plus aisément surprendre. Les Phoques adultes, de leur côté, se résignent difficilement à abandonner leurs nourrissons. On a donc plus de chance de les tirer à belle portée.

Il y a deux manières de chasser les Phoques, sur terre, et dans l’eau.

Pour les tirer sur terre, il faut profiter du moment où ces animaux se trouvent à une certaine distance du rivage: ce qui n’est pas facile. Les chasseurs se placent dans un canot et suivent les courants. Ils tirent sur les individus qu’ils surprennent sur les rives. Ils emploient des armes à longue portée et de grande précision. Car l’animal, épouvanté à la vue de l’embarcation qui s’avance, cherche à fuir rapidement, et il faut quelquefois le tirer à 200 ou 300 mètres de distance.

D’autres fois, le chasseur débarque sans bruit, laissant au matelot qui l’accompagne la garde du canot. Il se traîne sur le sable, en rampant comme le sauvage qui veut surprendre un ennemi. Il parcourt souvent, de cette manière, un kilomètre et plus, poussant sa carabine devant lui. Il s’arrête par intervalles, pour donner à la proie qu’il ambitionne le temps de se rassurer, si elle paraît inquiète, et dissimule en un mot sa présence, autant que possible, jusqu’au moment où, jugeant le Phoque à portée, il fait feu. M. de Rylé a bien décrit les ruses et la patience qu’il faut avoir dans cette circonstance.