En les tenant dans une quantité d’eau suffisante pour leur permettre de nager, et en les nourrissant avec du poisson frais, on peut les conserver pendant plusieurs années.

Quelques naturalistes modernes ont pensé qu’il ne serait pas impossible à l’Homme d’assujettir complétement à sa puissance ces fugitifs habitants de la mer. On peut s’étonner, dit Frédéric Cuvier, que les peuples pêcheurs n’aient pas dressé les Phoques à la pêche, comme les peuples chasseurs ont dressé le Chien à la chasse. M. Babinet a insisté, tout récemment, sur les services nombreux que ces Mammifères pourraient nous rendre, si nous les élevions auprès de nous. Il voudrait en voir jusque dans nos eaux douces!

Il existe, depuis plusieurs années, deux Phoques au Jardin zoologique d’Amsterdam. Ils vivent dans un grand parc d’eau salée. On assure qu’ils s’y sont reproduits par deux fois. Non-seulement ils distinguent la voix des gardiens qui les soignent, mais encore ils saisissent au loin le bruit des pas du directeur. Ils jettent de petits cris dès qu’ils l’entendent, et se précipitent au-devant de lui.

Un vieillard, accompagné d’une petite fille et d’un griffon de la Havane gros comme le poing, venait souvent visiter nos deux Phoques et leur apporter des friandises. Ceux-ci sortaient de l’eau, rampaient devant le chien et la petite fille, leurs amis, et venaient s’ébattre sur le sable avec eux. On se roulait, on se faisait des niches, on partageait fraternellement les fruits ou les gâteaux que contenait le panier de la petite fille..... Or, un jour, au milieu de ces jeux, le chien manque son élan, passe par-dessus la tête d’un Phoque, et tombe dans le bassin. Le pauvre roquet se démène un instant, et disparaît..... Aussitôt les deux Phoques jettent un cri, rampent au plus vite jusqu’à l’eau et s’y précipitent. En un clin d’œil le mâle reparaît, tenant délicatement dans sa gueule le griffon sans mouvement. Il le dépose aux pieds de la petite fille. (H. Berthoud.)

Le Phoque nage très-bien et plonge encore mieux. Il peut retenir sa respiration pendant un temps assez long. Il montre dans ses évolutions une prestesse et une élégance remarquables.

Il vient de temps en temps se coucher et se reposer sur le sable du rivage, ayant soin de ne pas s’éloigner de plus de 5 à 6 mètres. A la moindre alerte, il se précipite dans l’eau et regagne la haute mer.

Son allure, sur terre, est lente et disgracieuse; il se traîne plutôt qu’il ne marche. Il avance au moyen de sauts petits et fréquents, produits par les contractions de tout son corps, ses nageoires antérieures appliquées contre les flancs.

III

Chaque Phoque se retire avec sa famille sur un quartier de rocher, qui devient comme son domicile et sa propriété exclusive. L’intrusion d’un étranger amène aussitôt un combat terrible. Ordinairement chaque famille vit à une certaine distance des familles voisines.

Le mâle rassemble d’ordinaire un sérail de femelles, pour lesquelles il a beaucoup d’affection et dont il défend l’approche aux autres mâles. Il en a jusqu’à cinquante.