Un Phoque reposait sur la glace, près d’un trou qui devait assurer sa fuite, en cas de péril. Un Ours, qui l’épiait, s’approche en silence et à couvert, aussi près qu’il peut. Il plonge alors dans la mer, gagne sous les flots le trou de la retraite, s’élance par ce trou, et saisit le malheureux Phoque.

Le capitaine d’un vaisseau baleinier voulait avoir une peau d’Ours blanc bien entière, et, par conséquent, il fallait prendre l’animal sans le tuer avec une arme à feu. Il imagina d’étendre sur la neige une corde avec un nœud coulant dans lequel il mit un appât. Un Ours qui rôdait sur les glaces des environs fut attiré; il saisit l’insidieuse pâture, serra la corde, et l’une de ses pattes s’y trouva prise. Il parvint à se dégager à l’aide de l’autre patte, et emporta la provision pour la manger en lieu sûr.

On rétablit le piége. L’Ours revint, et, conservant le souvenir de ce qui lui était arrivé, il écarta prudemment la corde et saisit la proie.

Dans une troisième épreuve, la corde fut recouverte de neige et parfaitement cachée. On ne fut pas plus heureux.

Pour dernière tentative, on plaça l’appât au fond d’un trou assez profond, pour que l’Ours ne pût le prendre qu’en y plongeant la tête. On arrangea le nœud coulant autour de l’ouverture, toujours masquée par de la neige. Le succès semblait certain. Vain espoir! L’animal méfiant commença par enlever délicatement la neige, découvrit la corde, l’écarta prudemment, enleva l’appât, et disparut. (Mag. pittor.)

Scoresby prétend que, lorsqu’un Ours frappé réussit à fuir, il se retire derrière quelque éminence, et là, en sûreté, comme s’il avait connaissance de l’effet styptique du froid, il applique de la neige sur sa blessure avec la patte.

VI

La femelle met bas au mois de mars. Elle fait habituellement un ou deux petits, rarement trois.

Les jeunes Ours blancs sont proportionnellement d’une petitesse remarquable.

L’attachement des femelles pour leurs petits leur inspire quelquefois un courage bien digne d’admiration.