Le 6 avril, il en descendit un jusqu’à la porte de la hutte. Elle était ouverte. On se hâta de la fermer et de la soutenir. L’Ours s’en alla.
Cependant il revint deux heures après, et monta sur la hutte, où il fit un bruit effroyable. Il essaya de renverser la cheminée. On le crut plus d’une fois maître de ce passage. Il déchira la voile dont elle était entourée. Enfin, il ne s’éloigna qu’après avoir fait un ravage extraordinaire.
Le mois suivant, pendant qu’on mettait la chaloupe en état de partir, parut un Ours énorme. Les pauvres marins rentrèrent aussitôt dans la hutte, et les plus habiles tireurs se distribuèrent les trois portes, attendant l’animal de pied ferme; un autre monta sur la cheminée avec son fusil. L’Ours marcha fièrement sur la hutte. Un coup de mousquet le renversa; on acheva aisément de le tuer. On trouva dans son ventre des morceaux entiers de Chien marin, avec la peau et le poil.
Le 30, les matelots, travaillant au radoub du vaisseau, furent surpris par un Ours, qui vint hardiment à eux. Tous prirent la fuite vers la hutte. L’animal les suivit, mais une salve de trois coups de fusil, qui portèrent tous, l’étendit mort sur la neige. Cette victoire coûta cher aux pauvres marins; car, ayant dépecé la terrible bête, et en ayant fait cuire le foie, qu’ils mangèrent avec plaisir, ils en furent tous malades. Trois, entre autres, parurent comme morts pendant quelques heures. (G. de Veer.)
Dans le voyage au Spitzberg de Manby, le capitaine Lewis, accompagné de cinq hommes, voulut attaquer un Ours blanc. A quarante pas environ de l’animal, quatre matelots firent feu en même temps et blessèrent le quadrupède. L’Ours, furieux, courut sur les assaillants, la gueule ouverte. Comme il s’en approchait avec des hurlements épouvantables, le matelot et le capitaine, qui n’avaient pas tiré, firent feu et lui brisèrent l’épaule.
Avant qu’on eût eu le temps de recharger, l’Ours était tout près des chasseurs. Ceux-ci se sauvèrent vers le rivage. L’animal courait toujours, quoique boiteux. Il était sur le point de les atteindre, quand deux d’entre eux se jetèrent dans le bateau; les autres se cachèrent derrière des blocs de glace, et firent feu aussitôt qu’ils purent. Les nouvelles blessures de l’animal ne firent qu’augmenter sa rage. Enfin, il s’approcha de si près, que les marins sautèrent dans la mer, d’un roc perpendiculaire assez élevé. L’Ours sauta après eux, et il avait presque saisi un de ces pauvres matelots, lorsque, fort heureusement, les forces lui manquèrent, et il rendit le dernier soupir.
Quand on eut porté son corps sur le rivage, on constata qu’il avait reçu huit balles.
V
Le cri de l’Ours blanc ressemble plutôt, assure-t-on, à l’aboiement d’un chien enroué qu’au murmure grave des autres espèces. (Boitard.)
Ce quadrupède a de l’intelligence et de la sagacité.