Leur corps est plus ou moins globuleux ou ovoïde, quelquefois façonné en navette ou courbé en croissant, enflé comme une ampoule, aplati comme un disque, aminci comme une feuille.... Certains ressemblent à un têtard, à un dé, à une clochette, à un sabot, à un bouton de rose, à une fleur, à une graine....
MONADES.
Les Monades[29], ces petits des petits, semblent n’être que des molécules de substance absorbante, des atomes agités, des points qui se meuvent. Ces délicates créatures n’ont environ qu’un trois-millième de millimètre de grand diamètre!...
III
On a regardé d’abord les Infusoires comme privés de toute espèce d’organisation. On a cru qu’ils se nourrissaient par absorption, uniquement par absorption. Mais on a fini par découvrir que certaines espèces étaient assez compliquées. Il en est (polygastriques) qui n’ont pas moins de quatre estomacs (vacuoles) bien distincts. Les mammifères ruminants n’en présentent pas davantage. M. Ehrenberg assure avoir vu des Infusoires pourvus de deux cents estomacs!.... L’appétit de ces animaux est-il en rapport avec ce luxe stomacal?
INFUSOIRE GROSSI
(Paramecium bursaria Pritchard).
Pour étudier les organes de ces imperceptibles vies, il faut colorer avec du carmin ou de l’indigo le liquide dans lequel elles s’agitent. Puis, plaçant une goutte de cette liqueur colorée sur un morceau de verre, auprès d’une goutte d’eau pure, on fait communiquer les deux gouttes par un point, avec une aiguille. Les animalcules arrivent de la goutte colorée dans la goutte incolore, et viennent s’offrir à l’observateur avec les estomacs et le canal alimentaire remplis de carmin ou d’indigo.
Les difficultés que présente l’examen des Infusoires et l’imagination des observateurs ont été pendant longtemps des obstacles sérieux à la connaissance de ces infiniment petits. Leuwenhoeck, si habile à se servir des microscopes qu’il fabriquait lui-même, apporta dans leur étude une préoccupation qui lui fit toujours supposer des faits au delà de ceux qu’il voyait réellement. Il s’extasiait devant la complexité et la perfection de ces êtres microscopiques, et voulait admettre, jusque dans leur filament caudal, des vaisseaux, des muscles et des nerfs (Dujardin). Joblot allait plus loin: il voyait, parmi eux, des cornemuses vivantes, des poules huppées, des poissons d’or et d’argent!.... On sait aujourd’hui que les Infusoires ne sont, ni aussi compliqués que l’ont écrit certains auteurs, ni aussi simples que l’ont voulu plusieurs autres. C’est au savant professeur Ehrenberg, et plus tard à MM. de Siebold, Claparède, Lachmann, Lieberkühn et Balbiani, que nous devons les travaux les plus complets et les plus intéressants que possède la science sur ces jolis petits nains de l’animalité.