Chaque plongeur est armé d’un couteau à forte lame, ou bien d’un trident à branches tranchantes, recourbées et garnies d’une poche faite de filet.
Les bateaux arrivent sur les côtes rocheuses habitées par les Éponges. Lorsque la mer est très-calme, on aperçoit assez distinctement ces Polypiers, et l’on commence à plonger ou à draguer.
Ce dernier genre de récolte offre l’inconvénient de déchirer le tissu; aussi les Éponges obtenues de cette manière se vendent-elles 30 pour 100 de moins que les Éponges dites plongées. (Lamiral.)
Dans le golfe du Mexique, où ces Polypiers croissent à de faibles profondeurs, les marins enfoncent dans l’eau une longue perche amarrée près du bateau, se laissent glisser sur les Éponges et les arrachent avec facilité. (Lamiral.)
Après la pêche, on nettoie les Éponges, on les débarrasse de la matière animale, des spicules et des corps étrangers qu’elles contiennent.
Une fois préparé, le tissu prend une teinte roussâtre plus ou moins dorée. Son élasticité, sa perméabilité et sa résistance à la macération sont connues de tout le monde. Certaines espèces, habituellement très-colorées, perdent leurs nuances en se séchant, et deviennent plus ou moins blanches.
M. Lamiral a publié un excellent mémoire sur les moyens d’acclimater et de multiplier les Éponges dans les eaux françaises de la Méditerranée, et sur la nécessité de réglementer leur pêche. Il insiste sur l’introduction, dans nos parages, de l’Éponge fine de Syrie, appelée chimousse. La Société zoologique d’acclimatation a résolu d’essayer cette introduction; elle a donné (avril 1862) une mission spéciale à M. Lamiral pour aller chercher dans l’Orient des Éponges pleines d’œufs. Le succès n’a pas couronné cette première expérience.