Le massif, monté au niveau de la mer, est bientôt envahi par la végétation et embelli par l’animalité. Les vagues y abandonnent quelques graines; celles-ci se développent. Les végétaux prennent pied dans le terrain, et l’île est bientôt couverte de verdure. Des troncs d’arbres arrachés par la mer sur les côtes voisines, et poussés par les courants, abordent sur sa plage. Des Vers, des coquillages, des Insectes et d’autres petits animaux apportés avec ces troncs se hâtent de gagner la terre; ils y pullulent et en constituent la première population. Les Tortues de mer accourent vers l’île naissante, et viennent y déposer leurs œufs. Les Oiseaux, attirés de loin par la verdure, arrivent pour s’y reposer et pour y construire leurs nids. Enfin, les habitants des îles voisines, chassés par quelque coup de vent ou séduits par la beauté du site et par l’abondance de ses fruits, s’y rendent avec leurs pirogues, y bâtissent des cabanes, y fondent une tribu; et l’industrie de l’Homme complète et vivifie l’industrie des Polypiers!
Les actions si puissantes des animalcules les plus petits et les plus faibles sont empreintes, dans la Nature, d’un charme et d’une philosophie que ne donneront jamais dans nos musées les formes les plus élégantes de leurs cadavres soigneusement conservés et savamment classés.
Les Infusoires, les Foraminifères et les Polypes existent dans la mer par milliards de milliards... C’est l’infini vivant!
CHAPITRE X
LE CORAIL.
«Curalium decus liquidi.»
(Priscien.)
I