Dans certaines régions de la mer, au milieu des rochers les plus accidentés, s’étendent de petites forêts purpurines. Ces forêts aquatiques sont composées par le Corail rouge, un des plus brillants et des plus célèbres parmi les Polypiers. Curalium decus liquidi!
Pendant longtemps, le Corail a été pris pour une plante marine. Les anciens Grecs appelaient cette prétendue plante, fille de la mer[47]. Le comte Marsigli lui-même considérait cette curieuse production comme faisant partie du règne végétal.
Peyssonnel, chirurgien de la marine, reconnut le premier la véritable nature de l’arbrisseau Corail. Il fit part de sa découverte au célèbre Réaumur, qui hésita quelque temps à la transmettre à l’Académie royale des sciences. Ce ne fut qu’en 1727 qu’il se décida à la communiquer à l’illustre compagnie, mais sans l’adopter encore lui-même.
Les observations de Peyssonnel furent contestées jusqu’au moment où Trembley (de Genève) eût publié ses belles expériences sur le Polype d’eau douce, et que les savants eussent constaté la grande ressemblance qui existe entre la nature de ce curieux Invertébré et les animalcules du Corail.
Guettard (d’Etampes) et Bernard de Jussieu firent exprès un voyage sur nos côtes pour vérifier les assertions de Peyssonnel.
CORAIL ROUGE
(Corallium rubrum Lamarck).
Aujourd’hui, pour tous les naturalistes, le Corail est une famille de Polypes vivant ensemble et composant un Polypier.
Ce Polypier habite surtout dans la Méditerranée et dans la mer Rouge. Il se trouve à diverses profondeurs. Cependant il n’est jamais à moins de 3 mètres, ni à plus de 300.
Observé sur place, le Corail est mêlé avec d’autres Polypiers et avec d’autres animaux marins. Il en résulte un assemblage lâche ou compacte, quelquefois inextricable, qui a reçu le nom de macciotta[48].