Chaque pied de Corail ressemble à un joli sous-arbrisseau rouge, sans feuilles, portant de délicates petites fleurs étoilées à rayons blancs.
Les axes de ce sous-arbrisseau sont les parties communes à l’association; les fleurettes sont les Polypes.
SPICULES DE CORAIL.
(D’après les dessins communiqués par M. Lacaze-Duthiers.)
Les arborisations dont il s’agit se dirigent ordinairement de haut en bas, et non de bas en haut, comme celles des plantes. Elles forment des buissons, des taillis, et, comme nous l’avons dit plus haut, de véritables forêts. Ces axes offrent une écorce molle, comme réticulée, pénétrée d’un suc laiteux, et creusée de petites cavités, qui sont les loges des Polypes. De petits corps durs (spicules) sont contenus en grand nombre dans son épaisseur. Au-dessous de l’écorce, se trouve le Corail proprement dit, qui égale le marbre en dureté, et qui est remarquable par sa surface striée, par sa belle couleur rouge, par son extrême dureté et par le poli brillant dont il est susceptible. Les anciens croyaient que sa substance était molle dans l’eau, et ne prenait de la consistance qu’au contact de l’air[49].
COUPE GROSSIE DE LA TIGE DU CORAIL.
(D’après les dessins communiqués de M. Lacaze-Duthiers.)
Les Polypes sont composés, comme ceux de la plupart des Polypiers, d’une partie sacciforme enfermée dans la loge corticale, et d’une partie extérieure cylindrique, entourée de huit petits barbillons qui divergent comme les pétales d’un Œillet. Ces barbillons sont aplatis, larges, pointus et garnis sur les bords de barbules courtes et creuses. Quand ils sont épanouis, l’ensemble représente une charmante fleurette blanchâtre et diaphane, à huit pétales découpés, placés sur un mamelon rose, renflé parfois en forme d’urne. Le comte Marsigli avait très-bien vu les Polypes du Corail. «Ce sont des fleurs, dit-il, qui rentrent dans leurs tubules dès que la plante est retirée de l’eau. Ces fleurs adoptent en mourant une teinte jaune safranée.»
UN POLYPE DU CORAIL ROUGE.