LIZZIA DE KÖLLIKER (TRÈS-GROSSIE)
(Lizzia Kœllikeri Gegenbauer).

La Lizzia de Kölliker est si petite, qu’on la distingue à peine dans la transparence de l’eau.

Sur les côtes du Groenland, on remarque souvent de grands espaces colorés en brun foncé par la jolie Méduse brune tachetée. Un centimètre cube d’eau en contient, dit-on, plus de 3000, et un de leurs bancs, qui présente une étendue insignifiante par rapport à l’Océan, se compose au moins de 1600 milliards de ces animalcules (Schleiden). Quelle source de réflexions philosophiques et de poétiques rêveries!

Les Méduses étant flottantes et légères, les courants et les autres mouvements de la mer les entraînent souvent à de très-grandes distances de leur pays natal. Les myriades d’individus que mangent les Baleines sont transportés des côtes du Mexique jusqu’aux îles Hébrides, l’une des principales stations de ces énormes Cétacés.

II

Pendant longtemps, les Acalèphes ont été négligés par les naturalistes, qui les prenaient, comme l’avait fait Réaumur, pour des masses de gelée ou pour une eau gélatinée. On ignorait que c’étaient de véritables animaux. Constant Duméril eut l’idée d’injecter leurs cavités avec du lait. Il vit ce liquide se distribuer dans des canaux nombreux, d’une grande régularité. On découvrit bientôt les organes de la digestion et ceux de la circulation..... M. Ehrenberg montra, dans une espèce d’Aurélie, une complication des plus inattendues. Enfin, la science réussit à pénétrer tout à fait dans les mystères de leur structure intérieure.....

Quoi qu’il en soit de ces études de plus en plus merveilleuses, les gélatines vivantes dont il s’agit sont toujours des ébauches de la vie, et, comme on l’a dit très-justement, elles fondent et refondent des millions de fois avant que la Nature élabore avec leur substance une portion quelconque d’un animal solidement constitué!

III

Les Méduses se nourrissent de petits animaux marins, principalement de Vers et de Mollusques. Leur bouche est placée au milieu de leur pédicule; quelques-unes possèdent plusieurs bouches.

Ces singulières bêtes sont très-gloutonnes et avalent leur proie sans la mâcher, voire même sans la diviser. Quand celle-ci résiste, l’Acalèphe tient bon, jusqu’à ce que la malheureuse victime soit épuisée de fatigue. On a vu une Méduse ne pas lâcher un animal qu’elle avait saisi par la tête, quoique celui-ci, par ses efforts énergiques, lui eût complétement tourné l’estomac à l’envers.