Dans d’autres, les larves qu’ils produisent ne ressemblent nullement à leur mère. Elles sont allongées, vermiformes, un peu élargies à leur extrémité: on dirait des Sangsues microscopiques. Elles possèdent des cils vibratiles à peine perceptibles, qui exécutent des mouvements assez vifs. Au bout d’un certain temps, elles se transforment en Polypes pourvus de huit tentacules.
NAISSANCE DE MÉDUSES
(D’après un dessin de M. Lacaze-Duthiers).
Cette sorte d’animal préparatoire, créature vraiment surprenante, jouit de la faculté de se reproduire par des tubercules ou bourgeons, qui naissent à la surface de son corps, et aussi par des filaments qui en surgissent çà et là. Un seul individu peut devenir ainsi la source d’une nombreuse colonie.
Ce Polype subit une transformation des plus remarquables. Sa structure se complique; son corps s’articule, et paraît composé d’une douzaine de disques empilés les uns sur les autres, comme les rondelles d’une pile de Volta.
LARVES DE MÉDUSES.
Le disque supérieur est bombé; il se sépare de la colonne après des efforts convulsifs: il devient libre. Il en résulte une Méduse excessivement petite, assez semblable à une étoile[59].
Tous les disques, c’est-à-dire tous les individus, s’isolent les uns après les autres et de la même manière.
Ainsi, des Zoophytes sexués se propagent suivant les lois ordinaires; mais ils engendrent des enfants qui ne leur ressemblent pas, et qui sont neutres, c’est-à-dire non sexués (agames). Ceux-ci produisent, par bourgeonnement et par fissiparité, des individus semblables à eux. Ils peuvent donner aussi des individus sexués; mais, avant l’apparition de ceux-ci, l’animal, qui était simple, se transforme en animal composé, et c’est de la désagrégation des éléments de ce dernier que naissent des individus pourvus de sexe, c’est-à-dire les animaux les plus complets.