— Maintenant que la paix est faite, dites-moi vite pourquoi vous m’interrogez sur un prétendant possible à la main de Diane ? En auriez-vous un à me proposer ?

— Peut-être… Je ne vous en ai encore jamais parlé pour plusieurs raisons : d’abord, c’est que mon candidat était extrêmement jeune et qu’il lui manquait un peu de plomb dans la tête pour en faire un mari ; ensuite, au moment où je pensais à en parler la guerre a commencé et il aurait fallu ajourner nos projets. Enfin, la plus délicate de ces raisons, c’est que je jugeais préférable que Diane eût un peu vu par elle-même si, dans les différentes réunions où vous la conduisiez, elle ne rencontrerait pas l’élu de son cœur, ce qui m’eût dispensé de jamais vous parler d’un autre… Je crois que le cœur de ma pupille n’a pas encore parlé ?

— Non… S’il est tel que vous le dites, général, il est peu probable…

— Ah ! marquise, la paix est signée !

— Oui, c’est vrai. Et votre candidat… c’est ?

— Quelqu’un à qui vous avez fait allusion…

— Votre neveu Hubert ?

— Mon petit-neveu : le fils de ma pauvre nièce Charlotte de Louvigny… Vous l’avez connu, je l’ai amené ici il y a quelques années quand il était au lycée, faisant sa préparation à l’École. Je vous l’amenais quelquefois, le dimanche.

— Oui, je me souviens. Il jouait avec les enfants. Un beau garçon, assez fort, grand, blond, distingué, très causeur, très gai…

— C’est cela ! toujours le même, exclama le général. Eh bien ! que vous en semble ?