Une douce expression atténua l’éclat de ses yeux.
Elle n’eut plus l’air de porter son offrande comme une aumône, mais elle trouva un mot aimable pour chacun ; son pas souple s’attardait devant les plus malades, et elle leur réservait ses plus doux sourires.
Au moment d’entrer dans la salle où ils devaient retrouver de Kéravan, le major s’arrêta, la main posée sur le bouton de la porte.
— Mademoiselle, dit-il en baissant la voix, je vous préviens que si vous n’êtes pas habituée à la vue des plus affreuses blessures, ou si vous ne pouvez compter absolument sur vos nerfs, il vaudrait mieux vous arrêter ici… C’est dans cette salle que nous traitons les blessures de la face…
Diane jeta un coup d’œil à son frère, qui paraissait décidé. Elle répondit sans hésiter :
— Je préfère entrer.
Mais, malgré sa résolution de bravoure, le premier regard que jeta la jeune fille sur le lit placé à sa droite lui révéla d’un coup toute la souffrance humaine.
Elle ne put retenir une exclamation de pitié ou d’horreur à la vue du visage, ou plutôt d’une moitié de visage tuméfié… Une énorme balafre le coupait, laissant une orbite vide, que la cicatrice non complètement fermée tirait sur la joue, de côté. La bouche n’avait plus qu’une lèvre pendante, l’autre, fendue par le milieu, laissait à découvert des dents cassées, un trou béant !
C’était affreux… pitoyable !
Diane frissonna, pendant que le major lui disait tout bas :