« Caporal Landin Joseph. »
C’est un clair matin à l’ouvroir, où les ouvrières diligentes bavardent en travaillant, car à la Biche-au-Bois, la gaieté est de rigueur.
Seule, Rose Perrin fait exception.
Les lèvres serrées, elle n’ouvre plus la bouche, que pour les monosyllabes indispensables.
C’est un deuil général à la Biche-au-Bois où on l’entendait rire si souvent quand ce n’était pas le son de sa petite voix aigrelette lançant le refrain du Temps des cerises. Mais Rose s’entête dans son chagrin farouche et repousse toute idée de pardon.
La sœur des Anges, qui est douée d’une nature douce et tendre, s’intéresse vivement à cette triste aventure.
On l’entend dire et répéter :
— C’est à croire qu’elle n’a pas de cœur !
Une jambe coupée, la croix de guerre, la fièvre, le désespoir, que lui faut-il de plus pour la toucher ?
Mademoiselle Rose, le bon Dieu se lassera de vous, à cause de votre dureté ! Songez qu’il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui…