— Eh ! bien, Rose, allez-vous mieux ?
C’est du moral que s’informe Mlle de Trivières car, pour le physique, Dieu merci, il n’en est plus question.
— Non, mademoiselle, c’est pire…
— Vous savez que nous avons demain la visite des personnes qui sont au château. Avez-vous veillé à ce que tout soit prêt ?
— Oui, mademoiselle. Tous les malades ont des draps propres, et les enfants des tabliers neufs. On a nettoyé partout, les vitres sont lavées, les parquets cirés. Sœur des Anges mettra des fleurs dans les vases et même elle a fait une guirlande en papier rose plissé pour mettre autour de la sainte Vierge… On ne peut rien faire de plus…
— Non, vraiment, acquiesce Diane avec un petit sourire. Allez, Rose, c’est bien.
L’ouvrière s’éloigne sans bruit dans l’allée et Diane, en la suivant des yeux, pense à sa triste figure et songe :
« Pourquoi souhaiter connaître l’amour puisqu’il est une cause de souffrance ?…
« Mais, voyons ce que dit Hubert ?… »
Encore ce visage troublant, ces yeux profonds et tristes, qui s’interposent entre son regard et l’écriture serrée où elle retrouve un souvenir.