Non pas celui d’anciennes lettres, mais d’une simple carte de visite avec deux lignes d’adieu…
Elle s’empresse de lire pour chasser la vision :
« Mon amie Rose,
« Vous permettez n’est-ce pas que je reprenne l’appellation familière qu’autorise le pacte d’amitié dont vous voulez bien vous souvenir et que vous me rappelez si gentiment ?
« Je ne sais comment vous exprimer tout le plaisir que j’en ai ressenti !
« Moi non plus, je n’ai point oublié notre traité d’alliance et j’y suis resté fidèle.
« Jugez-en :
« Étant à Paris en congé de convalescence, je n’ai pas cherché une seule fois à me rapprocher de vous… Je vous l’avais promis…
« Bien qu’il m’eût été facile de me renseigner, je ne l’ai même pas tenté : un officier n’a qu’une parole ! — Mais j’avoue, pour diminuer mon mérite, que Paris n’était pas le cadre où j’eusse voulu vous connaître si j’en avais eu le choix.
« Si j’avais pu choisir, j’aurais voulu vous voir dans le milieu rustique et champêtre que vous me dépeignez, tout occupée à vos simples devoirs, allant et venant, des enfants aux malades, des blessés à l’ouvroir, un sourire aux lèvres et l’âme légère !