La démarche lente, la tête penchée, elle tâchait de trouver la clef d’un problème que, sans le savoir, sir Richardson venait de lui poser.

Elle aimait… Comment l’avait-il deviné ? Pourquoi, en entendant cette affirmation, n’avait-elle pas protesté ?

Elle ne pouvait s’expliquer, même maintenant, le trouble que ces paroles avaient soulevé tout au fond de son cœur.

Diane n’osait plus donner à la question une réponse négative et, malgré cela, il lui était tout aussi difficile de répondre par l’affirmative.

Elle aimait, c’était un fait.

Son esprit était sans cesse occupé d’un être qui lui avait fait découvrir le sens du mot « amour » ; mais cet être, quel était-il ?

Il avait tantôt le regard profond, la physionomie grave d’Hervé de Kéravan, tantôt les yeux rieurs, la figure animée d’Hubert de Louvigny.

Car, si elle ne pouvait se rappeler sans émotion certains moments passés à Paris auprès du premier, les lettres d’Hubert possédaient un charme inexprimable… Elle les attendait, les désirait et les voyait arriver avec une joie toujours renouvelée.

Lequel ?

« C’est Hubert, et ce doit être lui, raisonna-t-elle en arrivant au pavillon. Bon ami me le destinait, notre mariage le rendra heureux et ma mère le verra volontiers.