« C’est vous, monsieur le lieutenant, qui m’avez appris à penser et à parler ainsi par les lectures que vous m’avez indiquées, par les conseils que vous m’avez donnés.
« Est-ce à moi aujourd’hui qu’il appartient de faire la leçon à mon maître ?
« Je suis réellement très occupée par une tâche absorbante et j’aurai peu de temps à vous consacrer.
« Cependant, si vous y tenez toujours, continuez d’écrire à la même adresse ; je vous répondrai par des billets plus courts, néanmoins ils seront une preuve de l’intérêt amical que ne cesse de vous porter :
« Votre amie Rose. »
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER
Avenue Malakoff, au début de l’hiver 1918-1919.
C’est tout en haut de l’hôtel, dans la claire et vaste lingerie bien chauffée, que Mlle de Trivières, aidée de Rose, vérifiait des piles de linge destiné à l’hôpital de la Biche-au-Bois.
Il n’est plus question de l’ancienne Rose Perrin, la modeste et délicate ouvrière, sentimentale, un peu bébête, toujours entre le rire et les larmes : Rose est aujourd’hui une sérieuse matrone, mariée depuis cinq mois bientôt à l’heureux Plisson.