— Non, ce n’est pas cela qui m’amène, reprit-elle. Voici : Nous avons fait rentrer dans les caves de l’hôtel une grande quantité de charbon au début de l’hiver. Nous en avons plutôt trop. J’ai pensé que certaines personnes de la maison pourraient en manquer, surtout celles qui n’ont pas le chauffage central, et je viens vous proposer de vous en envoyer quelques sacs.
Au mot magique de « charbon », la porte s’était ouverte tout à fait.
— Entrez donc, entrez, mademoiselle ! Dame ! je peux bien vous avouer qu’en fait de charbon nous ne sommes pas riches ; et c’est la misère pour en avoir. Si nous en avions tant soit peu, je pourrais faire du feu à Mme la baronne, et c’est ça qui lui ferait du bien, ma doué !
Avec force révérences, la Bretonne, la figure élargie de contentement, engageait la belle demoiselle à entrer.
Diane refusa : elle était pressée, elle rentrait à l’hôtel et allait faire monter immédiatement le précieux combustible.
En effet, aussitôt rentrée, la jeune fille donna ses ordres au domestique, le vieux Pascal, qui s’empressa d’obéir.
Depuis la fondation de l’hôpital, tous les serviteurs de la marquise professaient une admiration sans bornes pour Mlle Diane.
Pour elle, ils auraient dévalisé leur maîtresse !
Le lendemain matin, Mlle de Trivières était encore à sa toilette quand on vint lui demander si elle voulait recevoir une personne qui demandait à lui parler.
— Faites entrer.