Une femme se présenta : c’était Corentine.

Mais une Corentine différente de celle de la veille.

Elle avait revêtu, dès huit heures du matin, son costume de gala : jupe à bande de velours, fichu à franges et tablier de soie de couleur éclatante ; les ailes ouvertes de son léger bonnet avaient l’air d’être la continuation de son large sourire épanoui.

Corentine se tint d’abord immobile au milieu de la chambre, fort intimidée, et incapable de prononcer le petit discours qu’elle avait préparé.

Diane lui fit signe d’avancer.

— Avez-vous une commission à me faire ? Parlez.

— Oui, mademoiselle. De la part de Mme la baronne. C’est pour remercier mademoiselle du charbon et aussi savoir combien on vous doit.

— Je l’ignore, dit Diane, qui n’avait pas pensé à cette question. Que votre maîtresse ne s’inquiète pas, le valet de chambre fera le compte de ce qu’il a porté.

— Ça n’est point tout encore, mademoiselle, fit la servante, qui reprenait peu à peu ses esprits : Mme la baronne fait dire à mademoiselle qu’elle serait venue elle-même la remercier si elle pouvait descendre, mais depuis trois mois elle n’a pas mis les pieds dehors. Madame dit qu’elle serait très heureuse si la bonne demoiselle voulait bien se déranger, comme voisine, pour lui faire là-haut une petite visite.

Ma doué ! ajouta d’elle-même Corentine, elle est toujours seule, la pauvre dame ; elle n’a pas grandes connaissances à Paris, et elle s’ennuie. Moi, je suis trop bête pour lui tenir des conversations, tandis que mademoiselle ! Ah ! oui ! que madame serait contente d’avoir quelqu’un à qui causer de M. Hervé. Elle s’en dévore, cette pauvre madame !