Ces dernières paroles étaient de trop. Diane faillit refuser.
Était-il possible après le mouvement de bonté qui l’avait poussée chez elle la première, de répondre à l’invitation de Mme de Kéravan par une impolitesse ?
Pourtant, que dirait Hervé s’il apprenait qu’elle avait franchi sa porte, lui qui avait à un si haut degré la pudeur de sa pauvreté ?
— C’est un acte charitable envers une femme âgée et infirme, pensa-t-elle, et puis… je saurai ce qu’« il » devient !
Diane se décida :
— A quelle heure Mme de Kéravan pourra-t-elle me recevoir ?
— Tous les jours, quand mademoiselle voudra. Mme la baronne se lèvera cet après-midi.
— Bien. Prévenez Mme de Kéravan que j’aurai l’honneur d’aller passer quelques moments auprès d’elle dans l’après-midi.
A l’heure du déjeuner Mlle de Trivières dit à sa mère :
— A propos, maman, j’espère que vous ne me blâmerez pas d’une petite charité que je me suis permis de prendre sur vos réserves de charbon.