— Sur le charbon de la maison ! Diane, tu es folle ! Au moment où le combustible devient introuvable !

Et pour qui t’es-tu permis une telle prodigalité ?

Diane ayant raconté à sa mère l’histoire de la vieille dame aveugle et alitée, la marquise s’attendrit et refusa même d’entendre parler du paiement.

— Cette dame n’accepterait pas, maman. Elle m’a déjà envoyé demander ce qu’elle devait.

Pascal en fera le compte… Vous savez, c’est une parente du lieutenant de Kéravan dont Jacques vous a parlé l’été dernier ; un ami de M. de Roysel ?

— Oui, je me souviens. C’est pendant mon voyage en Suisse que vous avez fait sa connaissance.

Comment est-il ce jeune homme ?

Mlle de Trivières réfléchit avant de répondre :

— Très sérieux…, très intelligent… Nous avons fait ensemble quelques promenades à cheval. Jacques s’était lié pas mal avec lui… Il lui donnait de bons conseils ; il lui a aussi prêté des livres pour son examen… En somme il a été très complaisant. Si vous le permettiez, maman, j’irais faire une petite visite à cette vieille dame qui m’a fait dire qu’elle désirait me voir pour me remercier. Elle ne peut venir elle-même, elle ne sort pas.

— Fais comme tu voudras, répondit la marquise, qui pensait déjà à autre chose. Viendras-tu à la soirée de bridge de Mme de Saint-Clair ?