La vieille dame tourna son fin visage encadré de papillotes blanches en entendant ouvrir, et elle demanda d’une voix fluette comme toute sa personne :

— On a sonné, Corentine. Ce doit être elle ?

— La voici, madame. Voilà la bonne demoiselle.

— Oh ! qu’elle est gentille de venir ! Je n’osais pas l’espérer. Approche un fauteuil, Corentine. Donnez-moi votre main, mademoiselle !

Diane approcha et prit la main de la vieille dame, qui lui souriait en levant vers elle son visage aux paupières fermées, mais ce sourire y mettait de la vie, une grâce aimable mélangée de bonté.

— Comme je vous suis reconnaissante, continuait l’aveugle. Grâce à votre charmante pensée, je puis enfin me chauffer…

— Je suis trop heureuse, madame, de vous avoir rendu ce léger service.

— C’est que ma pauvre Corentine, toute dévouée qu’elle est, n’est pas du tout débrouillarde ; elle n’a jamais pu prendre les habitudes de Paris. Quant à moi… Moi, je ne suis plus bonne qu’à tricoter pour mon soldat !

L’aveugle montrait une chaussette de laine qu’elle avait posée sur ses genoux.

— Je vous en prie, madame, continuez ; n’interrompez pas votre travail pour moi.