Elle se plaisait à faire répéter à la grand’mère des traits de délicatesse ou de courage, que celle-ci ne se lassait jamais de redire.

Et Diane s’imaginait le voir à des âges différents, toujours avec ce regard bleu si pénétrant qu’il semblait vous fouiller jusqu’au fond du cœur et laissait rarement deviner ses propres pensées.

La bonne aïeule avait souvent en parlant d’Hervé un mot : « Mon petit. » Diane souriait en se représentant la haute taille du lieutenant, sa voix grave, ses épaules larges.

Du reste, pour le revoir tel qu’il était naguère, elle n’avait qu’à regarder autour d’elle en suivant la direction du doigt de Mme de Kéravan.

— Ici, sur le guéridon, cette photographie de Vannes, il avait cinq ans. Si je me souviens toujours il portait son costume marin avec son col bleu.

Ce costume avait causé toute une discussion entre mon fils et nous, les femmes.

Son père aimait le voir en marin.

Il rêvait la mer pour son fils unique.

Ah ! la traîtresse !… Nous l’aimons malgré tout. C’est dans le sang !

Mais ma belle-fille, une de Kérouât, qui avait eu son frère aîné perdu sur la Marie-Yvonne, résistait à son mari. C’était le seul sujet sur lequel ils ne n’entendaient point.