Elle est dans le bureau de mon petit-fils. Ouvrez la porte à la tête du lit… c’est là.

Pendant que vous chercherez, moi, je ferai mon petit quart d’heure de sieste : ne vous pressez pas.

Diane savait que le petit quart d’heure se prolongeait souvent de trois autres ; elle se dirigea du côté de la pièce voisine où elle n’était jamais entrée, ayant jusqu’alors apporté de chez elle les éléments de leurs lectures.

Le cabinet d’Hervé…

Qu’est-ce qui reflète le mieux l’état d’âme, les goûts, le caractère, que la pièce où l’on vit habituellement et qui reste tout imprégnée d’un peu de nous-mêmes ?

Le cabinet d’Hervé de Kéravan devait ressembler assez à la chambrette du village bombardé qu’il avait dépeinte dans sa première missive à Rose Perrin.

Des murs presque nus. Aucun tapis, point de rideaux, des vitres claires, d’où, entre deux grandes bâtisses, la vue s’étendait jusqu’à la petite place du musée Guimet, et, au delà, sur le scintillement du fleuve où l’on apercevait par éclairs — tache fuyante — la course rapide d’un bateau-mouche.

La clarté crue du soleil d’hiver mettait en relief les moindres détails du paysage parisien.

C’était bien là le point de vue choisi par l’homme amoureux des vastes horizons, que devait faire souffrir l’étroitesse de ces murs… Ce petit coin de fleuve entrevu de loin lui rappelait, sans doute, l’Océan breton dont la nostalgie l’oppressait.

D’un regard, Diane embrassa la pièce, simple et ordonnée comme une chambre de prêtre.