Sur le mur de face, il y avait une carte d’état-major appliquée avec des punaises.
Au-dessus de la cheminée se dressait un grand crucifix d’ivoire jauni.
Au milieu, une petite table-bureau chargée de papiers méthodiquement rangés, une écritoire de bois noir fort simple et une photographie.
Diane prit le portrait pour l’examiner de plus près.
C’était celui d’un homme de grande taille, à l’air autoritaire et fier, en costume d’officier de marine, auprès de qui se tenait une jeune femme blonde dont la physionomie intelligente et douce rappelait celle d’Hervé.
« Son père, sa mère, pensa-t-elle ; il leur ressemble à tous deux… »
L’ameublement de la pièce était complété par deux vieilles chaises bretonnes à paillage de couleur, et une antique bibliothèque de chêne… C’était tout.
A l’extrémité opposée à celle où elle était entrée, la jeune fille aperçut une porte grande ouverte qui donnait accès dans le salon.
Elle avança en glissant doucement sur le parquet brillant — la propreté devait être comptée par Corentine au nombre des vertus théologales — et jeta un regard sur le petit salon que les persiennes fermées laissaient dans la pénombre.
Il avait l’aspect antique d’un salon de province avec son meuble vieillot en acajou et velours grenat fané : aucune fantaisie, pas un bibelot. Mais, de même que dans la chambre, de superbes portraits de famille, en ligne serrée, occupaient les murs, excepté au-dessus du canapé. Le regard de Diane fut attiré par les couleurs vives d’une tapisserie ancienne qui tenait tout le panneau.