Mais le temps marchait. Les offensives du printemps 1918 allaient bientôt commencer.
CHAPITRE II
Corentine à la fenêtre de sa cuisine recueillait les derniers rayons d’un jour pluvieux de mars pour achever un raccommodage pressé.
Tout en tirant l’aiguille, elle parlait à sa poule noire, Freluquette, qui picorait des miettes sur le carreau. La poule s’interrompait par moments pour regarder la servante de son œil vif et brillant, une patte levée, d’un air profond.
Tout à coup, Corentine tressaillit :
On avait sonné deux fois à la porte d’entrée.
— Par ma foi ! murmura-t-elle, si je ne savais point que ça n’est pas le temps de sa permission, je jurerais bien que c’est lui !
Elle alla ouvrir… C’était le lieutenant !
Sa grande taille s’encadra dans le chambranle.
— Jésus, Marie ! Monsieur Hervé ! Si je m’attendais à vous voir ce soir !