Il passa le seuil très doucement, et à pas feutrés, assourdis par le tapis, il se rapprocha de la table…, lentement…, lentement.

La jeune fille — elle était jeune ; la taille, les cheveux, ce beau cou onduleux, tout l’indiquait — la jeune fille continua d’écrire, inconsciente de son approche, et l’aveugle dictait :

« Au revoir, mon enfant chéri, je compte les jours jusqu’à ta prochaine permission. Si ce pouvait être bientôt, je serais si heureuse !

— … Si heureuse ? répéta une voix qui fit tressaillir le jeune homme de la tête aux pieds.

— C’est tout, reprit Mme de Kéravan. Mettez : « Je t’embrasse bien tendrement » et signez.

La jeune inconnue écrivit :

« Je t’embrasse tendrement » ; elle allait signer, lorsqu’elle se retourna brusquement ; elle venait de sentir une présence tout près d’elle.

Mais Hervé fit un geste ; lui aussi la reconnaissait. Diane ! c’était Diane !

Il regarda la jeune fille, hésitant, stupéfait, puis… une inspiration le saisit ; il voulut savoir.

Prenant la plume que Diane venait de poser, il traça rapidement deux mots au bas de la lettre.