A sa prochaine permission, je te referai faire la connaissance de mon neveu… Tu verras quel gentil garçon !
Allons, fillette, regarde-moi !
Que diable ! Je m’emporte, mais la minute d’après je n’y pense plus !
Tu deviendras ma nièce comme je l’ai résolu. Vous ferez un gentil ménage, Hubert et toi…
Il en sera quitte pour redemander tes lettres à son camarade… Cela ira tout seul !
Pendant ce petit discours, Diane avait pâli davantage. Elle reprit peu à peu son empire sur elle-même et, se levant, elle dit d’un ton calme :
— Bon ami, je ne vous ai pas encore tout dit. J’étais venue ce matin pour faire appel à votre affection comme à celle du meilleur ami de mon père. Je vous parle à vous qui le remplacez comme je lui parlerais s’il pouvait m’entendre.
Très ému, le général prit doucement la main de la jeune fille et la fit asseoir près de lui.
— Tu me fais peur, Diane. Que vas-tu me dire encore, grand Dieu !
— Voici, bon ami, c’est que vous aviez deviné juste : M. de Kéravan m’aime…