— Il ne te connaît pas !

— Pardon, Jacques et lui se sont liés l’été dernier ; nous nous sommes vus assez souvent. C’était pendant le séjour que ma mère fit en Suisse.

— Ah ! ta mère a la manie de changer de place ! Mais, mon enfant, remarque que c’est une chose dont on n’est jamais sûr…, à moins que l’un des intéressés ne l’avoue…

— M. de Kéravan ne me l’a pas avouée. Il sait la différence de fortune qu’il y a entre nous. Malgré cela, je suis sûre qu’il m’aime.

— Eh bien, ma chère petite, s’il t’aime, le pauvre garçon, c’est très regrettable ; mais ce n’est pas cette raison qui t’empêchera d’épouser Hubert ?

Il ne voulait donc pas comprendre !

Diane pencha la tête et, cette fois, une lueur rose aviva la pâleur de son teint.

Elle dit presque bas :

— Mon bon ami, je suis désolée de contrarier vos projets, mais… je n’épouserai pas un autre homme que M. de Kéravan.

— Ah ! ça, Diane ! tu as juré ce matin de me faire sortir de mon caractère ! Kéravan est un brave garçon, certes, un officier d’avenir. Mais, ma pauvre petite, il n’a pas le sou ; ce n’est pas un mari pour toi !