— C’est un mari pour moi si je l’aime ! Et c’est le seul que je puisse épouser, puisque c’est le seul que j’aimerai.
— Ta ! ta ! ta ! c’est à en perdre la tête, sacrebleu !
Je vous ai donné l’adresse d’un jeune homme, mademoiselle, pour que vous deveniez amoureuse de celui-là… et non d’un autre !… Et voilà comme on m’obéit !
— Ce n’est pas ma faute, mon tuteur, répondit Diane avec à-propos, c’est celle de votre neveu.
« Elle a raison, parbleu ! pensa le général, en se calmant tout à coup. Voilà qu’elle va pleurer maintenant ! Le diable soit des femmes ! J’étais plus tranquille en Champagne ! »
— Que dit ta mère de tout cela ? dit-il brusquement.
Diane dit en le regardant d’un certain air :
— Maman ne sait rien encore. J’étais venue à vous, bon ami… en toute confiance, parce que j’avais pensé…
— Que c’était moi qui aurais la corvée agréable d’aller demander ta main pour ce monsieur ?
Au fond, il était flatté que sa pupille l’eût pris pour confident de préférence à la marquise.