Il se laissa entourer le cou de deux belles mains, tandis qu’une voix câline disait à son oreille :
— Oui, mon cher bon ami : j’ai compté sur vous pour parler à maman ! Oh ! ne dites pas non, je vous en prie ! vous êtes si bon !
Mais le général détacha les mains de Diane et se remit à marcher en roulant ses épaules d’un air furibond.
— En voilà une corvée ! Parler à ta mère ! lui demander ta main pour un autre qu’Hubert !
T’aider à faire un mariage absurde, alors que je t’en avais arrangé un qui t’allait comme un gant !
Il plaisait à ta mère, il plaisait à ton tuteur, il aurait plu à Hubert… et à toi quand tu l’aurais mieux connu…
Non… non, mon enfant, ne compte pas sur moi pour cette besogne ! Tu as voulu embrouiller toute seule tes affaires, au lieu de suivre tranquillement le plan qu’on t’avait tracé… Arrange-les !… Je ne m’en mêlerai pas.
Diane se tenait assise auprès du bureau, la figure cachée dans ses mains.
De temps à autre le général lui lançait un regard entre deux bouts de phrases.
Soudain, il alla à elle, enleva les mains qui voilaient le beau visage désolé et, sortant son mouchoir de sa poche, il essuya les larmes qu’il avait vu couler entre ses doigts.