— Je suis furieux ! bougonnait l’excellent homme, en l’embrassant, furieux ! On le serait à moins ! Ce n’est pas une raison pour te désespérer. Allons… allons ! puisqu’il faut finir par céder, c’est entendu : je parlerai à ta mère.

Mais m’envoyer te demander en mariage pour un autre que pour mon candidat, bigre ! tu m’avoueras que c’est raide !

Diane revint chez, elle rassérénée : elle avait obtenu de son tuteur la promesse qu’il viendrait le soir même trouver la marquise entre cinq et six heures.

Elle ne devait pas être présente à l’entretien. D’autre part, elle s’était interdit de remettre les pieds chez Mme de Kéravan tant qu’elle n’aurait point obtenu le consentement de sa mère.

Vers quatre heures, ayant vu rentrer la marquise, Mlle de Trivières commanda l’auto et, pour tromper le temps de l’attente, elle se fit conduire dans divers magasins où elle avait à faire des emplettes pour la Biche-au-Bois.

Lorsqu’elle rentra, le général était parti.

Sa femme de chambre lui remit une lettre qu’on avait apportée en son absence.

Diane tressaillit en reconnaissant l’écriture d’Hervé ; elle monta à son appartement sans entrer dans le salon où l’attendait sa mère.

Elle décacheta la lettre d’une main tremblante et lut :

« Mademoiselle,