« Vous m’avez donné hier le plus immense bonheur, et de cela mon cœur vous gardera une reconnaissance infinie. Je me suis répété après votre départ les paroles magiques que vous aviez prononcées : oser, espérer !

« Hélas ! ce rêve est trop beau !…

« Souvenez-vous, mademoiselle, de ce que votre correspondant écrivait à Rose Perrin à la même époque. « Des raisons majeures me tiendront pour toujours éloigné d’elle. »

« Ces raisons existent.

« L’honneur, ma conscience, ma fierté m’interdisent de chercher jamais à me rapprocher de vous. Elles me font un devoir de me détourner de la félicité incomparable que vous m’avez fait entrevoir.

« Je ne vous dirai rien de mon déchirement. Un soldat n’a point le droit de penser à soi quand son pays est en péril.

« Je pars ce soir rejoindre mon poste, mais je vous aurai vue !

« Je connais maintenant toute la valeur de la femme sublime à laquelle je renonce, et je la supplie de ne pas me garder rancune d’un sentiment qu’elle comprendra…

« Adieu, mademoiselle. Je n’implore de vous qu’un souvenir dans vos prières.

« L’offensive est proche : la dernière, sans doute. C’est votre nom adoré que je répéterai en partant à l’assaut.